Confinement, couvre-feu ou pas, leur travail continue !

  • Confinement, couvre-feu ou pas, leur travail continue !

 

 

 

 

 

 

Confinement, déconfinement, reconfinement et maintenant couvre-feu, le travail de certains professionnels, impossible à réaliser de chez eux, n’a jamais cessé. Nous en avons rencontrés trois, parmi tant d’autres.

 

 

 

Jean-Louis Clergue, dit « Souple », 57 printemps, est colporteur de presse, livreur de journaux, si vous préférez. Il saute de son lit à 2 h. En plein couvre feu. Tous les matins (sauf le 1er Mai) ! Il se rend au dépôt, charge les journaux, et s’en va les distribuer, à Pezens, Ventenac, Moussoulens, Montolieu en ce qui le concerne. Jusqu’au bout de la nuit, au lever du jour quelques fois. Qu’il vente ou qu’il pleuve, et même sous quelques flocons de neige récemment. Dans ces cas-là, il troque son deux-roues pour une voiture. Il saisit alors son attestation de déplacement dérogatoire, « corrigé à chacun des nombres changements de situation », de la poche de son blouson à bandes réfléchissantes, pour la glisser dans la boîte à gants du véhicule. « On doit toujours l’avoir sur nous ! »

« Nous vivons des moments difficiles. Nous ne pouvons même plus nous déplacer en liberté… Si la lecture d’un journal peut apporter un rayon de soleil dans la vie des gens, j’en suis le plus heureux. » A voir les quelques mots de remerciements affichés sur quelques boîtes aux lettres, il peut l’être.

 

 

 

 

Dans l’exercice de sa belle profession d’infirmière libérale, la vigilance a toujours été l’un des maîtres-mots de Sophie Julien. « Pour les patients en premier lieu », précise-t-elle. Depuis 33 ans maintenant. Pensez donc aujourd’hui, avec le coronavirus… « On prend toutes les précautions possibles. On porte des gants, un masque homologué... Mais ce n’est pas tous. On a un autre rôle intense à jouer depuis plusieurs mois : la prévention. Nous devons prêcher les non-convertis, les convaincre de l’utilité des gestes barrières, de l’utilisation du gel hydro alcoolique, de l’efficacité du vaccin... »

Sophie Julien « opère » (son métier...) dans le secteur de Cazilhac, Palaja et La Cavayère. Premiers soins à 6 h 30 jusqu’à la pause de midi (plutôt 12 h 30, pour ne pas dire 13 h). Place ensuite à la tournée de l’après-midi, jusqu’en début de soirée. Sans compter le travail administratif, avant, entre ou après les deux tournées : appels téléphoniques, télétransmissions, suivi des dossiers et quand on croit la journée finie, sur les coups de 20 h, il faut préparer celle du lendemain (rappel des patients, préparation du matériel…).

 

 

 

A 20 ans, Lucas Vernoux, est employé polyvalent au supermarché Utile de Palaja. C’est-à-dire que, quand il doit se charger des arrivages, il commence sa journée à 5 h 30, sinon à 7 h 30. « Le confinement n’a rien changé. Nous sommes un commerce de première nécessité. Les clients sont au rendez-vous pour s’approvisionner en denrées alimentaires évidemment, mais aussi en autres petits produits tous nécessaires à la vie courante (produits de vaisselle, lessives, dentifrices, papiers toilettes...). En revanche, le couvre-feu nous a contraints de revoir les horaires. L’après-midi, d’ordinaire, nous ouvrions de 16 h à 19 h 30. Désormais, nous accueillons les clients de 15 h à 18 h, forcément », précise le jeune homme.

Comme lui, Sophie ou Jean-Louis, les autres professionnels qui n‘ont jamais cessé leur travail non plus, estiment en général « ne faire que [leur] devoir ».