Le Conservatoire abrite la seule école de Boudègue du Monde !

  • Le Conservatoire abrite la seule école de Boudègue du Monde !

 

 

 

La bodega (prononcez boudéguo), qu’es aquo ?

Et bien la boudègue (en bon français) n’est ni plus, ni moins qu’une cornemuse. LA cornemuse occitane. Comme le biniou en Bretagne, la boha dans les Landes ou la chabrette en Limousin… ou la cornemuse écossaise des soldats britanniques qu’on entendait sonner jadis sur les champs de batailles, et aujourd’hui encore, pour les amateurs de rugby, à Murrayfield pour le Flouer o Scotland…   

La boudègue ne se jouant qu’en Montagne noire, entre Lauragais et plaines du Tarn, on peut donc affirmer sans se tromper, que l’école de boudègue du Conservatoire de Carcassonne Agglo est bien la seule du Monde !

Il s’agit d’un instrument traditionnel incontournable qui animait les veillées de Noël, les messes, les bals populaires, mariages et même les enterrements… qui a pourtant bien failli disparaître à jamais, sans l’intervention de gens attachés aux traditions à l’image de Didier Olive, du Mas-Cabardès et plus surprenant, de Sophie-Jacques de Dixmude. Cette dame, d’origine belge, jouait du doedelzak (cornemuse flamande). Quand elle s’est installée à Chalabre il y a déjà quelques années, les bonheurs de Sophie se résumaient à tout apprendre de l’Occitan (la langue, ses spécialités, et ses coutumes). Et voilà comment elle s’est retrouvée prof à la Fabrique des Arts pendant que son mari, lui, avait l’art de fabriquer des bodegas en peau de chèvre, simplement retournée (aucune couture).

Sophie-Jacques de Dixmude vient de faire valoir ses droits à une retraite méritée. C’est dans les rangs de la Fondation musicale du Cabardès, présidée par Didier Babou, très attaché à son Occitanie natale, qu’on a trouvé ses remplaçants : Maxence Gamelin, du Mas-d’Azil, et Michel Mondon, de Carcassonne. Les cours se poursuivent donc, les mercredis, de 10 h à 19 h, pour une quinzaine d’élèves, par petits groupes de deux, trois ou quatre.

Parmi eux : les Calvel !

Dans la famille, je voudrai le père : Thierry ; la fille Laura, 15 ans ; l’autre fille Lisa, 9ans. Bonne pioche, ils jouent tous de la boudègue.

« Quand un vieil élève de Sophie, habitant le village de Verdun-Lauragais, comme moi, est décédé, sa boudègue a atterri chez mon meilleur ami, Florent Vialade. Attaché à la culture, aux traditions, aux spécialités occitanes, langue que parlaient mes grands-parents à table, autour d’un bon cassoulet, je chantais déjà. Il ne me restait plus qu’à apprendre à jouer. Voilà comment je me suis retrouvé à Villardonnel, siège de la Fondation. Laura m’a entendu en jouer à la maison », explique le père.

« J’ai été séduite par la forme originale de l’instrument : une poche et des tuyaux ; par le son aussi », explique, la plus grande des deux filles, emboîtant, les pas de son père. Avant que Lisa, la petite dernière, n’emboîte ceux de son aînée (jouant d’une petite boudègue adaptée à sa taille)…

Dans la région, on compte une centaine de joueurs de boudègue qui participent à pas mal d’événements (salon avicole de Mazamet, grande marche à Saint-Girons, fêtes de Castres, animations dans les stades ou à la demande…

C’est sans doute un peu aussi grâce à ce genre de musiques traditionnelles, que le Conservatoire de Carcassonne Agglo, avec son directeur Florent Mamet à la baguette, a pris une autre dimension, un rayonnement départemental, sur décision du ministère de la Culture !

 

  • Fabrique des Arts – Conservatoire de Carcassonne Agglo
    842, Avenue Jules Verne, 11000 Carcassonne
    Tél . : 04 68 10 56 35