Témoignages : les jeunes et le virus

  • Témoignages : les jeunes et le virus

 

 

 

Gestes barrières, confinement, déconfinement, reconfinement, couvre-feu, mais aussi cafés, restaurants, cinéma fermés, soirées étudiants annulées… Les jeunes vivent cette situation comme la majorité des Français. Plus ou moins bien. Pour ne pas dire plutôt mal en majorité. Nous en avons rencontré six, lycéens, étudiants, professeur des écoles, ou encore producteur cinématographique… tous confrontés à ce satané coronavirus et aux conséquences multiples qu’il entraîne.

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C’est avec le masque qu’Anthony Roland, 17 ans tout juste, a peut-être le plus de mal. « On le (sup)porte, du matin au soir. C’est gênant et on ne sait pas s’il est vraiment efficace. On entend tout et son contraire. » Alors élève de 3e prépa pro au lycée Jules-Fil, il a « subi » le premier confinement. « En mars et jusqu’à la fin de l’année scolaire, nous n’avions que trois jours de cours au lieu de cinq, une semaine sur deux : 15 élèves en présentiel , 15 autres en distancié et vice-versa la semaine suivante. Ce n’était pas évident. Et je ne vous parle pas du taux d’absentéisme des profs… » Ce qui n’a pas empêché Anthony de décrocher le Diplôme national du brevet, obtenu avec mention, en contrôle continu. Inscrit en bac pro, il a vécu le deuxième confinement comme le premier, avec des horaires aménagés. « Maintenant, l’une des choses les plus difficile est de dénicher des stages… ».

 

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Sa sœur aînée, Laura Roland, 21 ans, était en 2e année de DUT Info-communication, à Grenoble, l’an dernier. « Je suis rentrée à Carcassonne au beau milieu de l’année scolaire, pour suivre les cours en distanciel. J’ai validé ma 2e année malgré tout. Ce que je regrette le plus, c’est sans doute l’annulation du stage que je devais effectuer au sénat… Ce qui m’a manqué le plus, c’est le lien social, les rencontres avec les autres, les échanges. C’est très dur de ne rien pouvoir faire, de rester cloîtrée. » En septembre, c’est la direction de Montpellier que Laura a prise, inscrite en licence « Sciences du langage », avant que la Fac ne ferme ses portes . Retour à Carcassonne. « II y a les conséquences financières aussi : vous payez la location d’un studio que vous n’occupez plus… Et pour ne rien arranger, j’ai dû reprendre dix leçons de conduite et attendre septembre pour passer le code".

 

 

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Tristan Simonek est étudiant également. Il estime s’en être « assez bien sorti de tout ça », mais craint que ce ne soit pas le cas pour tout le monde… « Ce n’est pas facile, mais ça n’est pas non plus catastrophique. En tant qu’étudiant, par exemple, j’ai noté du mieux entre la première et la deuxième période de confinement. Pour les cours en distanciel notamment. Il faut de la volonté(…). Paradoxalement, ça a créé des liens entre étudiants. On a mis en place des groupes de discussion sur différentes plateformes, où nous partagions nos inquiétudes, mais aussi nos espoirs…».

 

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Lucie Hovinga est inscrite en première année de licence de « Droit, accès santé » à Toulouse 1 Capitole et juge la « situation particulière en tous points ». Les amphis, les salles de TP… de l’université, ça n’a duré qu’un temps en septembre dernier. Une quinzaine de jours à peine. « Depuis la fermeture de l’université, je passe la plupart de mon temps chez mes parents. Ils sont géniaux. Je suis les cours en visio. Nous étions environ 400 étudiants au début. La moitié de mon groupe a déjà décroché. L’enseignement à distance impose organisation, motivation et rigueur. De plus, l’absence de vie sociale nous impacte fortement. Jouons le jeu, restons prudents pour vite retrouver les amphis ».

 

 

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« Pour une majorité de personnes, 2020 fut une année pénible. » Pas pour Luc Barreau. Le jeune homme (31 ans) a réussi le concours de professeur des écoles, choisi son académie (Besançon pour se rapprocher de son frère gendarme à Vezouls). Il est sorti major des arbitres de Régionale 1 et officiera cette saison en Nationale 3, si la compétition reprend. Et il a rencontré l’amour. « Le contexte est évidemment particulier, la tension est palpable, les mesures pèsent aussi sur les élèves, mais je m’épanouis. Ça peut paraître égoïste, mais 2020 fut pour moi, l’année celle de la réussite et du bonheur ».

 

 

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Pour Henzo Lefèvre, « la pandémie a eu un énorme impact » sur son métier. Pour le directeur et producteur exécutif du Festival international du film politique de Carcassonne, « comme pour tout le monde, le manque d’interactions sociales est extrêmement difficile à vivre (…). L’échange humain est au cœur de ce que nous faisons. »
« La période est difficile à vivre quand on a 24 ans et qu’on est acteur culturel. Il ne faut pas baisser les bras. Ces derniers mois nous on fait prendre conscience de nos faiblesses, de la fragilité de notre monde, mais aussi, voire surtout, de ce à quoi nous croyons, ce qui nous anime : faire exister les événements culturels, les partager avec les artistes et le public. Plus que jamais, je ressens cette envie d’être dans une salle obscure, plongé dans les ouvres que nous offre le 7e Art. L’espoir et l’envie sont là. Dès que la situation se sera améliorée, nous vivrons à nouveau des moments humains incroyables ».