À Bourdasso, la famille Antonini en quête de terres

  • À Bourdasso, la famille Antonini en quête de terres

    Arrivé en 2014 à Pradelles-en-Val pour élever des bufflonnes et ouvrir un restaurant de spécialités italiennes, Edoardo Antonini rêve aujourd’hui plus grand. Comme d’autres jeunes agriculteurs, il souhaite acquérir des terres et développer ses activités : la fabrication de mozzarella et la culture de céréales anciennes.

 

« Ici le temps va à pied. » écrivait le poète, enfant de Villar-en-Val, Joseph Delteil. Au milieu de ces douces collines, plantées d’ifs, et des rangs serrés de ceps de vignes courbés par le temps et le souffle du vent, une nouvelle génération d’agriculteurs et de  professionnels croit dans une deuxième jeunesse de ce petit coin des Corbières.

La fin du pastoralisme et l’arrachage de vignes ont créé depuis des décennies, ici comme ailleurs, des centaines d’hectares de friches, pourtant susceptibles de revivre. L’agglomération de Carcassonne en compte 3 800 hectares.

Au domaine La Bourdasso, Edoardo  Antonini, son épouse,  ses parents,  sa petite sœur et son frère font partie de ces nouveaux pionniers adoptés par les habitants des Corbières. En 2014, ils ont eu un coup de cœur pour la région et ont décidé de concilier agriculture et tourisme. 

Mozarella et céréales anciennes Leur  restaurant de cuisine   italienne  est  aujourd’hui considéré comme l’une des bonnes tables de la région. Mais le succès de la famille Antonini  vient aussi de l’élevage de bufflonnes et de la fabrication de mozzarella. Le troupeau de vingt adultes, des débuts, est passé à une soixantaine de têtes et les touristes s’arrêtent souvent sur la route des Citadelles du Vertige pour photographier ces drôles de ruminants.

Aujourd’hui, les  bêtes paissent sur une quarantaine d’hectares, mis à disposition par des propriétaires, mais Edoardo souhaiterait agrandir son troupeau pour répondre à la demande croissante pour la mozzarella made in Corbières. « On sert localement les épiceries dproducteurs, des chefs comme Putelat  ou Goujon. Mais on pourrait répondre aussi à des demandes  de Toulouse et Montpellier. »

La famille Antonini s’est lancée un deuxième défi agricole : la production de céréales, une quaran- taine de variétés de blés anciens, fournies par Roland Feuillas de Cucugnan, semées cet hiver sur 2 hectares. « La  farine fabriquée par le meunier de Mayronnes servira à faire les pains du restaurant mais aussi nos pâtes fraîches. On pourrait ensuite commercialiser nos pâtes. »

Comme de nombreux jeunes agriculteurs, installés à Pradelles-en-Val et dans les communes voisines, Edoardo souhaiterait acquérir des terres ou signer des contrats de fermage.

  • Des acteurs locaux engagés 

    Claude Lacube, le dynamique maire de Pradelles-en-Val et membre de la commission agricole de Carcassonne Agglo, connaît le sujet sur le bout des doigts. Avec les élus de son conseil, ils ont été chercher un producteur de spiruline et accueilli, avec bonheur, un berger et une bergère. « Je vis au quotidien la difficulté pour de jeunes  agriculteurs de s’installer.  J’ai  donc saisi l’opportunité de participer à l’action   pilote de Carcassonne Agglo sur les friches (lirci-dessous). »

  • « Sans le monde rural, on n’est rien »
    Autre acteur précieux de ce territoire, l’association Art de vivre en Alaric, présidée par la jeune Alizée Niermans, symbole de cette nouvelle génération active du territoire.

    Aujourd’hui, la famille Antonini et d’autres agriculteurs, des élus comme Claude Lacube et l’association Art de Vivre en Alaric montrent la voie d’une reconquête du territoire accompagnée  par Carcassonne Agglo.
    Pour André Bonnet, Vice-président de l’Agglo, « cette expérience pourrait rapidement faire des émules dans le Carcassonnais et au-delàNous avons voulu soutenir ce secteur primordial car sans le monde rural, on n’est rien.»


  • L’Agglo défriche en Val de Dagne

    Carcassonne Agglo mène, depuis 2017, un projet pilote en Val de Dagne visant à permettre à des agriculteurs ou porteurs de projets d’accéder au foncier en acquérant  des terres en friche. Une opération rendue possible par l’action conjointe des maires, comme ceux de Pradelles-en-Val et Montlaur, et de l’association Art de Vivre en Alaric. Des fonds européens vont être mobilisés afin que la Safer et la chambre d’agriculture organisent juridiquement le transfert des terres identifiées dans le cadre d’une restructuration foncière.

    Depuis deux ans, l’Agglo, sous la conduite du service agricole, a constitué un véritable réseau d’acteurs. Les parcelles ont été repérées si bien que, dès cette année, deux premiers agriculteurs pourraient bénéficier de cette opération. 70 ha ont été ainsi ciblés. Les opérations annuelles devraient se succéder. La dynamique est en marche et la reconquête commence.


Le Val de Dagne et les Corbières, territoire pilote pour l’Agglo.

 

  • Irriguer les terres agricoles, une question vitale

    La couverture hydraulique du territoire est un enjeu majeur. Le développement de la viticulture et des autres formes de culture, essentiel pour le territoire, passe par un schéma d’irrigation et des réalisations par secteurs.

    Aujourd’hui,  la  sécheresse liée au réchauffement climatique est une réalité, commente André Bonnet, vice-président de  Carcassonne Agglo. Il faut donc trouver des solutions, c’est l’objectif du schéma d’irrigation. Ce n’est pas pour faire de gros rendements  mais bien  pour préserver l’activité agricole sur nos territoires. »

    Face à des pénuries d’eau régulières sur certains secteurs du territoire, les élus de l’Agglo et le Président Régis Banquet ont donc fait le choix de mener une politique agricole dynamique même si ce domaine n'est pas une compétence obligatoire. Et pour développer l'économie agricole et continuer à proposer de bons produits, les professionnels ont besoin d'un accès constant à une eau de qualité.

    Un enjeux qui a conduit l'Agglo à agir sur deux tableaux : favoriser la couverture hydraulique par la création d’ouvrages et mettre en place un plan d'actions pour assurer la surveillance de ces ressources.


  • Irrigation de 3000 ha en Minervois

    Carcassonne Agglo accompagne ainsi les Associations Syndicales Autorisées (ASA) d’irrigations (avec de nombreux partenaires) depuis la réalisation des études jusqu’à la livraison des ouvrages. Un certain nombre de projets collectifs vont aboutir dans les deux prochaines années.
    Le  plus  important en volume est celui du Minervois qui devrait permettre d’irriguer plus de 3 000 ha : à partir du lac de Jouarres, et dans le cadre du projet Aqua Domitia du Bas-Rhône, plusieurs  exploitations viticoles pourront bénéficier d’un réseau d’irrigation BRL (ex Bas-Rhône du Languedoc). 
    Le projet se fera en deux tranches opérationnelles sur un périmètre vaste qui  concerne plusieurs communes du Minervois. La première tranche de travaux est en cours, le reste du chantier devrait intervenir en 2020.


Le département de l’Aude, comme le territoire de l’Agglo,
sont régulièrement soumis à des épisodes de sécheresse.


  • Une série de projets réalisés d’ici 2 ans

    Le projet le plus avancé est sûrement celui de Cavanac. Conduit avec la cave coopérative « les Vignobles de Carsac », il porte sur 400 ha. L’ASA sera créée dans les semaines à venir.

    Les secteurs de Pennautier et Aragon font aussi l’objet d’un projet de 300 ha à partir du Fresquel alimenté par la Ganguise. L’ASA est constituée et  une mise en eau du projet pourrait être envisagée d’ici fin 2020.

    Pour le secteur de Caux-et-Sauzens, sur 300 ha, l’ASA   sera   constituée d’ici l’été et l’irrigation sera en place d’ici deux ans. Pour  Conques-sur-Orbiel, la cave Triangle d’Or envisage une étude afin de mobiliser à terme l’eau du Lac de Laprade depuis Villardonnel. Pour Citou, et sa production d’oignons, deux forages devraient être réalisés,  l’un pour l’eau potable, l’autre pour l’irrigation.


  • ENVIRONNEMENT : La chasse aux pesticides

    Afin de préserver la qualité de ses ressources et lutter contre les  pollutions par  les pesticides, l’Agglo met en œuvre une série d’actions sur trois captages d’eau classés :  La Redorte, Villemoustaussou et Maquens.

    Parmi ses initiatives, l’Agglo mobilise des fonds de l’Europe et de l’Agence de l’Eau (plus de 2,5 millions d’euros en 2018-2019)  au bénéfice des exploitations volontaires qui s’engagent à réduire ou supprimer l’emploi de pesticides.

    Afin de limiter les pollutions accidentelles et d’améliorer les conditions de travail des agriculteurs, l’Agglo et ses partenaires accompagnent la     création d’aires de lavage du matériel et de traitement des effluents. Des caves coopératives, comme le Triangle d’Or, sont accompagnées afin de développer les  alternatives techniques, d’accéder à  des labels ou d’aménager l’espace. Le grand public est aussi sensibilisé par une série d’actions.


  • MOITS VERTS: Demandez le programme

    Débuté en mars, "Mois Verts" se poursuit en avril. L’Agglo propose une série de rendez-vous, conférences, expos, randos... sur le thème « Connaître, préservez les ressources naturelles de notre territoire ».

    Parmi, les rendez-vous, voici une sélection :

    - A commencer par  la conférence sur le gaspillage alimentaire et le compostage  avec le  Covaldem11, jeudi 4 avril à 18 h à la Médiathèque Grain d’Sel à Carcassonne.
    - Un documentaire original, « Vitis Prohibita », est projeté vendredi 5 avril salle Jean-Jaurès à La Redorte. L'incroyable histoire de cépages qui pourraient  être une solution d’avenir pour une viticulture responsable. 
    - En  chemin pour une balade botanique le 13 avril à Alzonne avec l’association Herba Venti. 
    - Place à une lecture le 18 avril à Grain d’Sel, « Moi Jean Pigasse ouvrier du Canal » de M. Teysseyre. 
    - Un Grand Quizz à Grain d’Sel le 25 avril  ou une rando à la recherche des orchidées à Montclar le 20 avril.