L’amour du païs...

L’amour du païs, de mère en fils, de fils en petit-fils…

Les titres d’honneur s’affichent sur une vieille affiche en noir et blanc et sur les murs de la boucherie. « Premier prix d’excellence de la Scène française » à Paris, en 1962, pour la mère ex-prof de danse, la… Reine Labattut ! Diplôme « Maison de qualité » pour le fils, patron de la boucherie Colusso. A l’angle des rues Chartran et de Verdun, ce sont les steaks qui valsent… Et ce n’est pas fini, parce que Yannick, 45 ans tout juste, et Christelle ont trois fils, dont l’aîné, Julien, 20 ans et demi, est déjà prêt à prendre la succession. Il savait déjà qu’il serait boucher à l’âge de 11 ans, celui du petit dernier justement, Valentin. Titulaire du CAP boucher et d’un CAP charcutier, il travaille avec ses parents depuis bientôt cinq ans (1).  Ici, on aiguise, on coupe, on tranche en famille (2). Quant au ménage du commerce, c’est Michèle Manzanarès, la maman de Christelle, qui s’en charge, plus que consciencieusement que jamais encore, en ces temps de crise sanitaire.

Yannick Colusso fut d’abord l’ouvrier de Pierre Guiraud, l’ancien propriétaire de cette boucherie (naguère un café, avant-guerre). « J’ai commencé au siècle dernier », s’amuse le garçon (boucher). En septembre 1996. Avant de prendre les commandes, le 1er juillet 2004, avec son épouse (ex-vendeuse de France-Loisirs).


« On a l’amour du pays », affirment-ils. « Même si on passe une année bizarre. C’est boulot-dodo. Faut faire avec. On a dû s’adapter au confinement, au couvre-feu. On a proposé de livrer nos clients. Il y a malheureusement des commerçants, obligés de baisser leurs rideaux, bien plus affectés que nous. On espère qu’on va se débarrasser de ce virus. On espère pourvoir bientôt aller boire un coup sur une terrasse, manger au restaurant, voir un film au cinéma… Reprendre une vie normale quoi. Et revoir des touristes dans les rues de la ville. »

« Rien à voir avec le Covid, mais il y a autre chose que je souhaite : c’est le retour du marché place Carnot, actuellement en travaux. Il faut mieux entretenir le centre-ville, aménager les habitats, maîtriser les loyers... », ajoute Christelle.

Paradoxalement, Julien accepte les décisions, même si « c’est dur ». Mais « avec le boulot, les horaires, je ne suis jamais trop sorti. Ce qui me manque, ce sont les balades en montagne rendues difficiles par le couvre-feu ».

« On a la chance de vivre dans un village (Alairac). Tous en plus. Il y a quasiment tous les services sur place. C’est un confort », estime Reine, pour conclure.

 

(1) Les professeurs de CAP de Julien auraient souhaité l’inscrire au concours de Premier apprenti de France, au Salon de l’Agriculture l’an dernier à Paris, mais le Covid en a décidé autrement.

(2) La joyeuse équipe est complétée par Alain Exposito, et deux jeunes apprentis : Enzo et Adrien.