Etudiants de la classe prépa

La vie continue, entre le masque et la plume, pour les étudiants de la prépa aux Beaux Arts !


Les 32 élèves de la classe prépa aux écoles supérieures d’arts suivent les cours, malgré le Covid,
à la Fabrique des Arts. Les échanges sont limités entre étudiants, mais comme Laure et Maëlys, ils pourront tous passer leurs concours.


Un hall d’entrée vide, là où habituellement se croisent les élèves du Conservatoire, leurs professeurs et les familles. La vie s’égrène en ce moment au rythme lent d’un métronome. Mais ici, dans ce lieu dédié aux arts, où les notes s’envolent, les arabesques des danseuses donnent du souffle à l’air et les couleurs des dessins bousculent la grisaille ambiante, des étudiants tracent leur chemin.
La lumière dans une classe traduit de cette vie artistique qui résiste face aux vents contraires. Six étudiantes et un étudiant, masques cachants leurs visages, crayons de couleurs et fusains en mains dessinent un modèle. Chaque élève a posé pour un autre. Petite scène anodine d’une classe prépa.

100 candidats pour 32 places
Cette année, la filière a même connu un succès inédit avec une centaine de demandes déposées contre soixante en temps normal. « Je crois qu’il existe un vrai attrait de notre offre et le Covid a peut-être incité des élèves à jouer la carte des concours, juge Alain Fabre. Mais la prépa n’est pas un second choix, elle permet à ces jeunes une ouverture d’esprit avec la réalité de la pratique. »
Laure, jeune fille venue d’Ariège n’aurait manqué cette rentrée pour rien au monde. Elle a quitté son Lavelanet natal pour entrer en internat au lycée Sabatier, il y a trois ans. « Je suis assez douée pour le dessin mais je ne suis pas sûre de mes choix. Je voulais recevoir l’aide des professeurs et je veux passer les concours pour intégrer les Beaux Arts. »

Venues de Taïwan et Panama
D’autres élèves viennent de plus loin. Si un tiers est issu du territoire, le deuxième tiers vient de la Région et le dernier de la France entière et de l’étranger, comme quatre étudiants dont une de Taïwan et un du de Panama.
Maëlys, de Bram, est tout aussi déterminée. « Je voulais une école qui m’aide à me développer dans le milieu artistique. J’aimerais poursuivre dans les arts appliqués : l’architecture d’intérieur, le design. »
Mais pour vivre leur passion et suivre cet apprentissage, les étudiants doivent accepter quelques sacrifices. A commencer par l’annulation du voyage, en octobre, en Allemagne.
« C’est un moment important, confirme Alain Fabre. Il participe à créer de vrais échanges entre étudiants. Le reste de l’année, ils travaillent sur des projets communs. »



Des classes de 7 élèves

Au quotidien, les groupes ont dû être subdivisés. Pas plus de sept par classe, sauf pour les cours d’histoire de l’art et de verbalisation dans le grand auditorium. Les cours s’achèvent à 18 heures au lieu de 17 heures. Ce nouveau régime ne facilite pas toujours l’organisation du travail. « Les professeurs doivent être réactifs et s’adapter mais c’est tout de même mieux que des cours en visio », selon le directeur. « C’est difficile de communiquer entre nous et les groupes risquent de s’isoler », confirme Maëlys tout comme Laure, heureuse tout de même d’être là.« Je me dis que nous avons de la chance que l’école soit ouverte. Nous avons besoin de voir certains gestes. Ici, on nous aide à progresser ».

EN BREF
Jules-Fil et le géant Cisco
Le lycée Jules-Fil, en lien avec le Greta de l’Aude, propose une nouvelle formation, un titre professionnel « administrateur d’infrastructures sécurisées ». Fabrice David, professeur d’informatique est à l’origine de ce partenariat avec un géant des réseaux, l’américain Cisco. « On forme à tous les métiers liés à la cyber sécurité des réseaux, tout ce qui touche au Cloud. On répond à un gros manque de techniciens. » La formation peut accueillir jusqu’à 12 élèves sur 12 mois dont deux tiers en entreprise.
Convention avec l’Univertisté de Perpignan
Carcassonne Agglo va signer une convention avec l’université de Perpignan qui permettra aux étudiants du Campus connecté de profiter de nombreux services : accès à aux ressources de la bibliothèque numérique, à des séminaireset à des événements. Une visite du campus sera organisée dès que possible. Le personnel du Campus connecté aura aussi accès à des formations.
École Simplon en distanciel
L’école numérique régional continue de former, chaque année, une dizaine de « développeur web » pendant dix mois. Le public, éloigné de l’emploi, est recruté auprès de Pôle Emploi et des Missions locales sur le talent mais aussi la motivation.

Des examens et un worshop avec Nicolas Schneider
Dès le mois de décembre, les étudiants participeront à une première session de trois jours d’examens au cours desquels ils présenteront leurs travaux. Un artiste, Nicolas Schneider, également professeur à l’école supérieure des arts du Rhin fera partie du jury.

Il reviendra en février pour participer à un workshop, au cours duquel l’artiste travaillera avec les élèves.
Et au mois de juin se tiendra la deuxième évaluation sur l’ensemble du
Si les conditions le permettent une exposition des oeuvres des 32 étudiants sera proposée à la Chapelle des Dominicains, rue de Verdun à Carcassonnne avec remise de prix.

Le Grand Témoin
« Carcassonne a une carte à jouer »
Bruno Sire, président honoraire de l’université du Toulouse Capitole participe à un comité créé par l’Agglo. L’objectif : faire des propositions dans les domaines du développement économique et de l’enseignement supérieur.
L’Agglo a créé un comité de réflexion sur l’enseignement supérieur. Quel est votre rôle ?
J’y participe, en effet, en tant qu’ancien président de l’université Toulouse Capitole pour amener des idées et ouvrir des portes. L’idée est de préciser ce qu’il est réaliste d’entreprendre pour développer l’enseignement supérieur et la recherche, car les deux sont indissociables. Nous devrions aboutir à des propositions concrètes début 2021.
Que peut espérer un territoire comme Carcassonne ?
Il ne saurait s’agir de créer une université autonome. Il faut, en revanche, identifier des pôles de compétences et les acteurs qui pourront développer les structures pouvant être mise en réseaux avec les centre de recherche et les grands pôles universitaires. Un grand mouvement de concentration des universités est en oeuvre. Je suis convaincu que Carcassone a une carte à jouer. Le monde est en train de changer. Il peut très bien y avoir demain un retour de balancier au phénomène de concentration de la vie économique et sociale autour des métropoles. La présidente Carole Delga a lancé une réflexion sur le développement de l’axe Toulouse-Narbonne qui va dans ce sens. C’est dans cette logique que Carcassonne doit agir.
Quelle est donc la voie à suivre pour Carcassonne ?
A mon sens, il en existe deux. Il y a en France un manque de techniciens et techniciens supérieurs. L’attractivité d’un territoire est renforcée si les entreprises savent qu’elles peuvent trouver sur place une main d’oeuvre qui correspond à leurs besoins. Il faut travailler sur cette piste en partenariat avec les universités, qui portent les IUT, la chambre des métiers et la chambre de commerce, et les collectivités. Chacun a une contribution à apporter.
Les universités seules n’ont pas les moyens de se délocaliser. Les entreprises ont aussi un rôle essentiel, en contribuant à la formation, par le biais des stages et de l’insertion professionnelle, mais aussi par du partenariat dans des structures de recherche et développement. C’est cet aspect qui constitue la seconde voie. L’implantation de laboratoires de recherche, dans une logique de partenariat public/privé, est un facteur de dynamisme économique pour un territoire.
Identifier les opportunités pouvant être exploitées sur le territoire est le préalable aux propositions que nous espérons faire.

Des travaux d’agrandissement débutent d’ici quelques jours.
Un Campus connecté en plein développement

Lancé l’an dernier, comme sur treize autres sites en France, le Campus connecté de Carcassonne a effectué sa rentrée 2020, avec dix-sept étudiants, soit six de plus qu’en 2019. Une progression régulière qui doit conduire à 45 étudiants d’ici quatre ans. Le principe de ce Campus nouvelle génération
est simple. Il s’agit de permettre à des jeunes d’accéder à l’une des 500 formations, de BTS aux Masters dans des domaines aussi variés que l’économie, la gestion ou le droit...
Cette année, les étudiants de la promo, d’une moyenne d’âge de 22 ans, se sont inscrits en lettres modernes, psycho, sciences du langage, droit... dans des universités de Toulouse, Montpellier mais aussi Clermont-Ferrand ou Aix-Marseille. Preuve que le Campus, créé pour démocratiser l’accès à l’enseignement supérieur, joue à plein son rôle. Et cela fonctionne avec 60 % de réussite aux examens l’an dernier.
Un succès qui appelle, dès aujourd’hui, Carcassonne Agglo à réagir en agrandissant les locaux. 154 000 euros sont ainsi investis, dont 56 215 euros de l’Etat dans le cadre du plan de relance, dans d’importants travaux.
Recrutement d’un tuteur
Une troisième salle de formation va ainsi être réalisée et trois nouveaux bureaux seront aménagés d’ici la fin de l’année.
Et pour accompagner cet agrandissement, un tuteur chargé plus particulièrement de l’accompagnement individuel vient d’être recruté.
Covid oblige, les règles ont été adaptées pour cette nouvelle promo et l’obligation de 18 heures de présence par semaine au Campus ne peut être tenue par les étudiants.
Des ordinateurs portables leur ont donc été fournis et leur tuteur consacre l’essentiel de son temps à cet accompagnement ajusté aux besoins de l’étudiant.
Les ateliers de méthodologie (coaching, sophrologie...) ne peuvent se tenir sur le site, mais des visios permettront d’organiser ces ateliers sur la gestion du stress ou les séances dites « d’intelligence collective », afin de faire évoluer sans cesse le fonctionnement du Campus.
Sur rendez-vous, les étudiants se rendent tout de même sur le site pour du prêt de matériel. Au Campus connecté, l’esprit promo et les relations humaines sont au centre des préoccupations.
Kappa’R, Campus Connecté : tél. 04 68 71 51 27 ou Damien Bresson, coordinateur du Campus Connecté : damien.bresson@carcassonne-agglo.fr ou tél. 04 68 78 01 45.