Blog des médiathèques : Échos des médiathèques – Mai 2026

Dans le cadre des actions de valorisation du fonds de bibliophilie contemporaine de la bibliothèque de conservation, les Médiathèques de Carcassonne ont mené un projet pédagogique en partenariat avec le collège Simone Veil de Carcassonne, autour d’une forme éditoriale singulière : le livre d’artiste au format leporello. Retour en mots et en images sur une expérience inspirante.

Publié le

Un livre pas comme les autres : dialogue entre texte et image avec le collège Simone Veil

Une immersion dans l’histoire croisée de l’écriture et de l’image

L’histoire a commencé au mois d’octobre lorsque Mme Fau, professeur de lettres au collège Simone Veil, se saisit d’une proposition d’atelier émise par le service Patrimoine écrit et graphique. L’atelier « Un livre pas comme les autres » propose de découvrir et d’expérimenter la création graphique et artistique à travers la découverte d’ouvrages issus du fonds de bibliophilie contemporaine de la bibliothèque de conservation. Après quelques échanges, le projet est ficelé : la quasi-totalité des classes de 4ème participent au projet avec leurs professeurs. Au mois de février, les ateliers débutent.

Chaque atelier, d’une durée de deux heures, s’ouvrait par un temps de médiation consacré à l’histoire conjointe du texte et de l’image. De l’enluminure médiévale aux livres d’artistes contemporains, ce parcours permettait aux élèves de comprendre comment mots et images dialoguent, se répondent, voire se transforment mutuellement.

À travers une sélection d’œuvres, les élèves ont pu appréhender la richesse des formes éditoriales et la liberté créative offerte par le livre d’artiste. Le leporello, en particulier, s’est imposé comme un support idéal pour penser la continuité, le rythme et la mise en espace du récit de soi. Ce livre-accordéon est propice aux explorations plastiques et narratives tout autant qu’aux représentations fragmentées.

Un travail préparatoire essentiel

En amont des ateliers, un travail approfondi a été mené en classe par les enseignants et les élèves. Recherches iconographiques, réflexion sur l’identité, élaboration de phrases personnelles : cette phase préparatoire a constitué une base solide pour nourrir la création le jour J.

Ce travail témoigne de l’implication remarquable des équipes pédagogiques, qui ont su accompagner les élèves dans une démarche à la fois introspective et créative, en lien étroit avec les objectifs du projet.

Se définir, se raconter : créer son propre leporello

La seconde partie de chaque atelier (environ 1h30) était consacrée à la réalisation d’un leporello individuel autour de la thématique « Se représenter, se définir ». À partir des matériaux préparés, les élèves ont conçu des livres-objets mêlant images, mots, textures et compositions graphiques. De la photographie au dessin, du manuscrit à la typographie, chaque leporello devient ainsi une forme d’autoportrait, où se croisent sources personnelles, références imaginaires et expérimentations plastiques.

Les réalisations témoignent d’une grande diversité d’approches : certains élèves privilégient la narration, d’autres, moins nombreux, le symbole ou l’abstraction. Tous ont su jouer sur les matières et sur la composition graphique avec une seule contrainte imposée : un élément au moins (texte ou image), devait chevaucher deux pages du leporello. Les créations confirment une appropriation sincère et réfléchie du sujet et un engagement honnête dans l’atelier.

Une expérience artistique et humaine

Au-delà de l’apprentissage technique et culturel, ce projet a permis aux élèves de s’engager dans une démarche personnelle, où la création devient un moyen d’expression et de construction de soi. La question posée par une élève, « et vous, pourquoi vous aimez les livres ? », a constitué un moment particulièrement intéressant. Derrière son apparente simplicité, cette interrogation a révélé le véritable dialogue qui s’est instauré lors de ces ateliers : les élèves n’étaient plus uniquement dans la réception d’un savoir, mais dans une relation d’échange et de mise en œuvre.

Valoriser la bibliophilie contemporaine par la pratique

En mettant les élèves en situation de création, ce projet donne pleinement sens à la valorisation du fonds de bibliophilie contemporaine : exposer des œuvres, en parler, s’interroger sur leur sens et l’intérêt de leur conservation, avant de faire expérimenter les processus de création qui les sous-tendent. Le leporello devient alors un outil de médiation opportun, à la croisée de la lecture, de l’écriture et des arts plastiques, permettant de sensibiliser les publics scolaires à des formes littéraires, artistiques et patrimoniales souvent méconnues.

Merci à tous les acteurs qui ont permis la réalisation de ce projet.

Merci et un grand BRAVO à tous les élèves.