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Flash infos
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« J’organise cette visite chaque année, présente le président de Carcassonne Agglo. C’est important d’entendre directement les problématiques et les perspectives des vignerons. C’est l’occasion d’échanger et de voir la situation de l’activité viticole sur le territoire. »
Régis Banquet,
Durant cette matinée, la question de l’eau est revenue en priorité. « C’est le sujet majeur, de plus en plus urgent, appuie Régis Banquet. Nous devons essayer de faire en sorte que nous, collectivités, puissions accompagner la profession pour lui assurer un accès à l’eau rapide et pérenne. »
La première étape a conduit plusieurs élus aux vignobles de Carsac, à Cavanac. Parmi eux, Jean-Régis Guichou, vice-président de Carcassonne Agglo délégué à l’Environnement et maire de Couffoulens, Patrick Schmith, maire de Cavanac, Thierry Lecina, maire de Palaja, ou encore Christophe Barbier, maire de Leuc.
Ils ont écouté le compte-rendu des vignerons de la cave coopérative, dont les premières estimations se veulent plutôt encourageantes. Malgré « une période de stress intense, avec les canicules, la sécheresse, des impacts de grêle », Olivier Depaule président de la cave coopérative, estime à 60 000 hectolitres la production de cette année avec « une très bonne qualité de produits finis. Nous n’aurons aucun souci sur la commercialisation ».
Pour l’avenir, la question de l’eau reste le principal point d’interrogation. Un litige avec un propriétaire terrien bloque le projet de pompage et d’irrigation prévu depuis des années et qui aurait dû entrer en activité depuis plus d’un an et demi. De même, il devient vital de pouvoir irriguer hors de la période de pompage autorisée, entre le 1er juin et le 31 août.
Régis Banquet s’est ensuite rendu à la Sapinière, à Maquens. Ce domaine de 12 hectares qui produit du vin bio s’en sort bien.
« La vigne a été une bonne fille cette année, présente l’énergique propriétaire des lieux, Dominique Parayre. On a produit 450 hectolitres, ce n’est pas mal par rapport à ce qu’on aurait pu penser. Même si ici comme partout, le problème c’est l’eau. »
Dominique Parayre,
Ses vignes ne sont pour l’heure pas irriguées, mais le gérant réfléchit à diverses solutions. « Je vais être obliger de forer pour continuer. J’ai fait venir un sourcier, un hydrogéologue, on va avoir besoin d’eau ». Et puis, à bientôt 78 ans, il pense à transmettre son entreprise mais peine à trouver ne serait-ce qu’un employé. « On est petits ici, alors il faut savoir tout faire. Gérer les cuves, êtres dans la vigne, réparer un peu, parler anglais avec les clients, démarcher les banques… » Un profil rare avec un coût qu’il faut pouvoir encaisser.
Enfin, la tournée s’est terminée à la cave coopérative de Villesèquelande, les Vignerons de la Voie Romaine et du Cabardès, où Sébastien Lacuve, ingénieur agronome et directeur de la cave, a dressé un premier bilan des vendanges 2026.
« On ne va pas se plaindre, la récolte est correcte et la qualité, n’en parlons même pas. On a cette année 58 000 hectolitres contre 52 000 l’an dernier, alors que l’on a perdu 25% de surface exploitée, suite à des arrachages définitifs. »
Sébastien Lacuve,
S’il s’inquiète d’une pyramide des âges de la profession qui s’inverse et affirme qu’il est « difficile de trouver de nouveaux combattants », Sébastien Lacuve pointe surtout les charges, difficiles à contenir et anticiper.
« Elles ont été multipliées par dix sur une période où les prix de vente n’ont pas évolué. » Et puis, comme partout, il y a la question de l’eau : « entre les terres irriguées ou celles qui gardent bien l’eau et les autres, on voit deux types de récolte se développer »
Les responsables parlent tous de l’avenir, obligés de le préparer sans pouvoir le prévoir. Avec un enjeu : comment conserver l’eau qui tombe de moins en moins souvent et de plus en plus brutalement, sur des terres sèches qui n’absorbent pas ? Les retenues collinaires, dont plusieurs projets sont portés par Carcassonne Agglo, peuvent être une solution. Elles n’imposent pas de pompage des nappes, leur réalisation technique n’a rien d’insurmontable et elles s’adaptent à des terrains divers. Reste à rendre leur mise en place plus rapide. Régis Banquet se veut optimiste : « J’ai bon espoir que les lenteurs administratives soient allégées à l’avenir. On se rend bien compte que l’eau est un enjeu et qu’il est urgent de créer des réserves. »