Fabrique des Arts : Retour sur l’atelier d’écriture du 31 juillet

Et si, au lieu d’un livre, on empruntait une personne ? C’est le principe de la "Bibliothèque vivante".

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Emprunter un livre… qui parle

À la médiathèque Grain d’Sel, une expérience de lecture peu ordinaire se prépare… Et si, au lieu d’un livre, on empruntait une personne ? C’est le principe de la « Bibliothèque vivante », un dispositif porté par l’association CAUR (Comité audois des usagers pour la réhabilitation), en partenariat avec l’UNAFAM (Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques) et la lecture publique de Carcassonne Agglo, dans le cadre de la semaine d’information en santé mentale (SISM). Le principe est simple, comme dans une bibliothèque classique, un « lecteur » emprunte un « livre ». Sauf qu’ici, le livre est une personne, qui vient partager un chapitre de son vécu.

L’objectif de la démarche est de lutter contre la stigmatisation liée à la santé mentale, en proposant un témoignage direct et personnel, à rebours des discours médicaux ou des représentations toutes faites.

Dans les coulisses d’un atelier

Les ateliers de préparation, qui durent entre deux et trois heures, se déroulent en trois temps : une présentation du concept et des règles (15 minutes), un temps d’écriture individuelle sur un thème personnel dans un cadre bienveillant (1 heure), puis un moment de partage, pendant lequel chacun peut, s’il le souhaite, dévoiler son texte (1 heure).

Le thème reste libre, mais deux règles s’imposent, parler à la première personne, et faire passer un message d’espoir. Les ateliers s’adressent aux personnes concernées par des troubles psychiques — bipolarité, schizophrénie, troubles anxieux, dépression, addictions — mais aussi à leurs proches aidants, et, dans l’idéal, à des soignants, pour apporter un regard complémentaire sur ces questions

L’atelier permet aussi, pour beaucoup, de clarifier ce que les participants ont envie ou non de partager.

L’animateur de l’atelier, lui-même concerné par un trouble, raconte avoir découvert cet outil par hasard, et y avoir vu d’emblée un moyen novateur de déconstruire les préjugés. Il insiste aussi sur le rôle d’une équipe associative solidaire, engagée dans le projet dès ses débuts.

Côté participants, les retours sont unanimement positifs. Une ambiance est décrite comme bienveillante où la parole se libère sans jugement.

Isolement, peur de l’inconnu, au cœur de la stigmatisation

Les témoignages recueillis dans les ateliers reviennent souvent sur les mêmes souffrances : l’isolement, la mise à l’écart, le rejet. Une stigmatisation qui repose le plus souvent sur la peur de l’inconnu, nourrie par des idées reçues bien ancrées, le raccourci entre trouble psychique et « folie », l’idée qu’une dépression se règlerait par la seule volonté, ou la confusion entre une attaque de panique et un caprice.

C’est précisément ce que la « Bibliothèque vivante » entend combattre. En donnant la parole aux premiers concernés, dans un cadre bienveillant, elle donne au public l’occasion d’écouter, de comprendre, et de changer de regard.

Prochain rendez-vous : 10 octobre (14h-16h30)
Bibliothèque vivante
Médiathèque Grain d’Sel, rue Fédou, Carcassonne
Accès libre et gratuit.

Contact

En savoir plus

Association CAUR : Comité audois des usagers pour la réhabilitation
groupeC.A.U.R.11@gmail.com
facebook.com/CAUR11

UNAFAM : Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques
Elle a pour principal objectif d’accueillir, d’informer, de former et de soutenir les proches de personnes souffrant de troubles psychiques tels que la schizophrénie, les troubles bipolaires ou la dépression sévère.