- Mon Agglo
- Mon quotidien
- Avancer avec l’Agglo
Flash infos
Publié le – Mis à jour le
En cas de litige avec un notaire, vous devez d’abord lui adresser une réclamation écrite afin de tenter de résoudre le différend. En l’absence de réponse satisfaisante, plusieurs recours sont possibles selon votre objectif : saisir le médiateur du notariat pour rechercher une solution amiable, adresser une réclamation au conseil régional ou interrégional des notaires, engager une procédure disciplinaire ou saisir la justice pour obtenir réparation d’un préjudice ou faire sanctionner une infraction. Nous vous présentons les démarches à accomplir.
Le litige qui vous oppose au notaire que vous avez désigné peut porter sur différents sujets, notamment :
Facturation de tarifs trop élevés
Retard ou négligence dans le traitement du dossier
Refus de rendez-vous
Erreur dans la rédaction d’un acte notarié
Défense de ses propres intérêts au détriment des vôtres
Manque d’impartialité entre les différentes parties d’une affaire
Divulgation d’éléments confidentiels du dossier à d’autres personnes (violation du secret professionnel)
Mauvais conseils juridiques.
En cas de difficulté, vous devez d’abord adresser une réclamation écrite au notaire. Ce courrier doit :
Exposer clairement les faits (dates, actes signés, engagements pris)
Indiquer ce que vous lui reprochez (par exemple, défaut de conseil, erreur dans l’acte, frais incompréhensibles, retard)
Demander des explications motivées sur les faits reprochés
Formuler une proposition de solution (rectification, remise de frais, indemnisation amiable…).
Il est recommandé d’envoyer cette réclamation par lettre recommandée avec accusé de réception ou une lettre recommandée en ligne (LRE).
Si le notaire ne vous a pas répondu dans un délai de 2 mois ou si vous n’êtes pas satisfait de la réponse, vous pouvez saisir gratuitement le médiateur de la consommation du notariat.
La médiation est confidentielle. Elle est menée par un un tiers neutre, indépendant, compétent et impartial, chargé de proposer une solution amiable acceptable pour chacun.
La demande de médiation peut être faite en ligne, par mail ou par courrier postal.
Vous disposez d’un délai maximum d’1 an à compter de l’envoi de la réclamation au notaire.
Vous pouvez saisir le médiateur du notariat par le biais d’un service en ligne :
Votre demande doit être accompagnée de tout document permettant de justifier la situation à l’origine du litige.
Vous devez obligatoirement joindre la réclamation que vous avez adressée au notaire.
Pour saisir le médiateur du notariat, vous pouvez également télécharger et remplir le formulaire suivant :
Puis, vous devez transmettre ce formulaire au médiateur du notariat.
Votre demande doit être accompagnée de tout document permettant de justifier la situation à l’origine du litige.
Vous devez obligatoirement joindre la réclamation que vous avez adressée au notaire.
Pour saisir le médiateur du notariat, vous pouvez télécharger, remplir et imprimer le formulaire suivant :
Puis, vous devez transmettre ce formulaire au médiateur du notariat.
Votre demande doit être accompagnée de tout document permettant de justifier la situation à l’origine du litige.
Vous devez obligatoirement joindre la réclamation que vous avez adressée au notaire.
Votre demande est traitée par le médiateur du notariat.
Il peut la valider ou la déclarer irrecevable.
Si votre demande est validée, le médiateur vous en informe dans un délai de 3 semaines à compter du jour où il la reçue.
À la suite de cette validation, le médiateur du notariat examine les éléments que vous, et le notaire, lui avez fournis.
3 mois après la réception de votre dossier, le médiateur du notariat vous envoie une proposition de médiation. Elle est également adressée au notaire concerné.
Si votre demande n’est pas validée (par exemple, si vous n’avez pas tenté de résoudre préalablement le litige avec le notaire), vous êtes prévenu dans un délai de 5 jours suivant le moment où il la reçue.
Dans ce cas, la médiation n’a pas lieu.
Toutefois, vous pouvez directement saisir le conseil régional ou interrégional des notaires dont dépend le notaire concerné ou le procureur de la République pour qu’il mène une enquête.
Parallèlement, vous avez la possibilité de faire une action en justice à condition que la faute du notaire constitue une faute civile ou une infraction.
Le médiateur du notariat peut faire plusieurs propositions, notamment :
Remboursement ou réduction des honoraires du notaire
Rectification ou annulation d’un acte notarié
Recommandations faites au notaire (par exemple, revoir ses pratiques professionnelles).
La médiation peut se terminer de 3 manières différentes :
Vous et le notaire acceptez la proposition du médiateur. Dans ce cas, le litige est résolu.
Vous et/ou le notaire refusez la proposition de médiation. Dans ce cas, vous pouvez directement saisir le conseil régional des notaires, le procureur de la République ou assigner le notaire devant les juridictions ordinaires (par exemple, le tribunal judiciaire ).
Vous et/ou le notaire n’avez pas répondu dans un délai de 15 jours suivant la proposition de médiation. Cela vaut refus de la médiation. Ainsi, vous pouvez saisir le conseil régional ou interrégional des notaires, le procureur de la République ou assigner le notaire devant les juridictions ordinaires.
Si vous ne souhaitez pas recourir à la médiation ou en cas d’échec de la médiation, vous devez envoyer une réclamation datée et signée au président du conseil régional ou interrégional des notaires dont dépend le professionnel avec lequel vous avez un litige.
La réclamation doit comporter les éléments suivants :
Vos nom et prénoms, votre profession, votre adresse postale, vos date et lieu de naissance
Les nom et prénoms du notaire concerné ainsi que les coordonnées de son office notarial
Les faits à l’origine de la réclamation (ce que vous reprochez au notaire)
Tous justificatifs utiles à l’examen de la réclamation.
Dès qu’il reçoit votre réclamation, le président du conseil régional ou interrégional des notaires vous délivre un accusé de réception.
Il en informe également le notaire concerné et lui demande de présenter ses observations.
Après avoir examiné votre réclamation, le président du conseil régional ou interrégional des notaires peut décider :
De classer l’affaire sans suite
Ou d’ouvrir une conciliation avec le notaire mis en cause
Ou de transmettre le dossier à la chambre de discipline des notaires.
Le président du conseil régional ou interrégional des notaires peut décider de classer l’affaire sans suite s’il estime que la réclamation est abusive ou manifestement infondée.
Il doit vous informer le plus rapidement possible de cette décision.
À cette occasion, il vous signale que vous avez la possibilité de saisir directement la chambre de discipline des notaires et/ou le procureur général pour qu’il mène une enquête.
S’il estime que votre réclamation est recevable, le président du conseil régional ou interrégional des notaires peut ouvrir une conciliation entre vous et le notaire mis en cause.
Le conciliateur peut notamment proposer l’une des solutions suivantes :
Remboursement ou réduction des honoraires du notaire
Rectification d’une erreur ou ajout d’une clause dans l’acte notarié
Révision totale de l’acte notarié
Compensation financière en raison du préjudice que vous avez subi.
Si la conciliation aboutit à une solution amiable, un procès verbal est établi et vous est remis. Le litige est réglé.
En cas d’échec de la conciliation, le président du conseil régional des notaires vous informe que vous avez la possibilité de saisir :
La chambre de discipline des notaires pour qu’elle sanctionne disciplinairement le notaire concerné
Ou le procureur général dont dépend géographiquement le notaire, pour qu’il mène une enquête.
S’il estime que la réclamation est recevable et que la situation que vous lui présentez le justifie, le président du conseil régional ou interrégional des notaires peut transmettre le dossier à la chambre de discipline des notaires.
Vous et le notaire concerné en êtes informés.
La chambre de discipline des notaires a pour mission de sanctionner disciplinairement les notaires pour le non-respect de leurs règles professionnelles.
Vous pouvez la saisir si l’une des situations suivantes s’est produite :
La tentative de médiation n’a pas mené à un règlement du litige
Votre réclamation a été classée sans suite par le président du conseil régional ou interrégional dont dépend le notaire concerné
La tentative de conciliation n’a pas abouti.
Votre demande doit être faite par requête adressée à la chambre de discipline située auprès du conseil régional ou interrégional des notaires compétent au moment des faits.
Cette requête doit contenir un exposé des procédures que vous préalablement avez engagées (exemple : le fait que vous ayez saisi le conseil régional des notaires) et des suites qui leur ont été données.
Elle doit être accompagnée de tous les justificatifs prouvant votre situation et les actions que vous avez menées.
Vous devez obligatoirement signifier votre requête et l’ordonnance fixant la date et l’heure de l’audience, au notaire que vous attaquez.
Après avoir entendu toutes les parties, les membres de la chambre de discipline rendent leur décision et vous la notifient.
Lorsqu’une faute du notaire est constatée, la chambre de discipline peut lui infliger une sanction disciplinaire.
En cas d’urgence, la décision est prise par le président de la chambre de discipline dont dépend le notaire mis en cause.
La juridiction disciplinaire peut prononcer une peine disciplinaire contre le notaire. Il peut notamment s’agir de l’une des sanctions suivantes :
Avertissement
Blâme
Interdiction d’exercer la profession de notaire pendant une durée maximale de 10 ans
Destitution (cela entraîne l’interdiction d’exercice de manière définitive)
Amende de maximum 10 000 € ou 5 % du chiffre d’affaires hors taxes de l’année en cours.
Le président de la juridiction disciplinaire peut suspendre provisoirement de ses fonctions un notaire qui fait l’objet d’une enquête ou de poursuites disciplinaires et/ou pénales.
Préalablement, il doit recueillir ses observations lors d’un débat contradictoire.
La durée de la suspension est de maximum 6 mois. Elle peut être renouvelée une fois.
Le notaire peut faire un recours devant la cour nationale de discipline .
Si vous n’êtes pas satisfait de la décision rendue par la chambre de discipline, vous pouvez la contester dans un délai de 2 mois suivant sa notification.
Votre recours doit être adressé au secrétariat de la cour nationale de discipline, située au Conseil supérieur du notariat .
Vous devez également notifier votre appel aux autres parties (exemple : notaire mis en cause).
Lorsque le notaire a commis une faute civile ou une infraction, vous pouvez saisir la justice afin d’obtenir une indemnisation de votre préjudice et, éventuellement, la condamnation pénale du notaire concerné.
La responsabilité civile du notaire peut être engagée lorsque la faute qu’il a commise vous a causé un préjudice.
Cela est notamment possible en cas :
D’oubli d’un délai administratif qui entraîne des pénalités (impôts)
D’erreur dans la rédaction d’un acte notarié (erreur sur le nom des parties au contrat, oubli d’une clause essentielle, etc.)
Proposition d’un montage juridique remis en cause par l’administration fiscale
Manquement à son devoir de vérification (par exemple, le notaire n’a pas vérifié la validité d’un testament)
Manquement à son devoir d’information (par exemple, le notaire n’a pas donné les bons renseignements sur les conséquences juridiques d’un contrat).
Avant de saisir les juridictions civiles, vous devez mettre le notaire en demeure de faire les démarches nécessaires pour que votre préjudice prenne fin.
Puis, vous pouvez assigner le notaire devant les juridictions civiles.
La juridiction compétente dépend des sommes en jeu dans le litige.
Pour un litige inférieur ou égal à 10 000 € , c’est le tribunal de proximité ou le tribunal judiciaire.
Pour un litige supérieur à 10 000 € , c’est le tribunal judiciaire.
La responsabilité pénale du notaire peut engagée lorsque le notaire commet une infraction. Il peut notamment s’agir :
D’un faux en écriture publique
D’un exercice illégal de la profession de notaire
D’un abus de faiblesse
D’une escroquerie
D’une violation du secret professionnel.
Si vous souhaitez engager la responsabilité pénale du notaire, vous pouvez déposer plainte auprès du procureur de la République.
Vous avez également la possibilité de vous constituer partie civile pour obtenir une indemnisation de votre préjudice.