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Trois communes, trois caves et une même problématique sur fond de crise viticole, celle de l’accès à l’eau. La tournée des caves du Minervois effectuée, mercredi 30 septembre, par le président de Carcassonne Agglo, Régis Banquet accompagné de deux vice-présidents, Jessica Servet et Christian Magro et des deux conseillers départementaux, Alain Giniès et Françoise Navarro-Estalle a fait ressurgir le thème de l’eau synonyme pour les viticulteurs de rendement et de stabilité des productions.
A Rieux-Minervois, au siège de « Alliance Minervois », le président Julien Ferrand et le directeur Jeremy Lucia ont eu beau décrire une récolte moyenne « qui va permettre de redresser la tête », ils n’en ont pas moins dépeint un contexte alarmant pour la profession. « Nous sommes sur le fil du rasoir, a d’entrée commenté le président d’Alliance Minervois. Nous n’avons plus d’installation depuis 5 ans. Il suffit de traverser le Minervois et vous voyez de plus en plus de friches. Cela touche l’économie de nos territoires et ce qui s’est passé l’été dernier avec l’incendie des Corbières peut aujourd’hui se produire ici. »
Le directeur de la cave, Jeremy Lucia a détaillé les mesures prises en interne pour faire face à cette situation critique ; travail sur les gammes pour « s’adapter au marché », gestion serré des frais en fermant des sites, travail sur l’image et l’accueil avec quatre points de vente… Mais le sujet de l’eau est revenu rapidement dans la discussion. L’avenir ne se présente pas sous les mêmes auspices selon qu’un vigneron peut ou non irriguer. La stabilité de la production est clairement le préalable au maintien de la vigne sur nos territoires.
Le sujet du programme Aqua Domitia, qui doit permettre d’apporter une ressource en eau stable provenant du Rhône, a été introduite par le conseiller départemental, Alain Giniès qui a soulevé la question de la répartition de cette ressource. Le président de l’Agglo a proposé de solliciter BRL, chargé de réaliser ce programme, et d’organiser rapidement en Minervois une réunion pour faire un point et savoir quand le territoire pourra disposer de cette précieuse ressource comme leurs collègues héraultais.
Etape suivante à Laure-Minervois au Cellier Lauran Cabaret, et même attente exprimée d’entrée par le président de la cave Mathieu Albert. « BRL nous avait annoncé que cela serait fait pour 2026. Or c’est plus qu’urgent ! » L’eau attendue comme l’élément essentiel à la survie d’une profession et d’un territoire, à la pluviométrie la plus faible de toute l’Agglo. Comme leurs voisins de Rieux-Minervois, les vignerons de Laure peuvent compter sur une récolte « moyenne » autour de 39 000 hectos contre 50 000 dans les bonnes années. Une petite bouffée d’oxygène dans une période où toute une profession est en maque d’air. En témoigne, les arrêts annoncés de nombreux exploitants du secteur ayant pourtant de bons rendements.
« Pour nous, la solution serait des retenues collinaires pour irriguer les exploitations qui n’ont pas d’eau. L’irrigation est la solution pour stabiliser les récoltes », confie le président de Lauran Cabaret.
Pour Régis Banquet,
« le sujet de l’eau est l’enjeu majeur de ces 30 prochaines années. A l’Agglo, nous mettons beaucoup de moyens sur l’eau et essayons de trouver toutes les solutions possibles. Nous faisons des retenues collinaires. La première en Val de Dagne a nécessité trois ans d’études pour quatre mois de travaux en cours. Nous nous battons pour que l’Occitanie soit reconnue comme une zone d’expérimentation de façon à réduire les délais d’études sur de tels projets urgents. C’est une course contre la montre auquel nous faisons face. »
Et de proposer une prochaine réunion, en octobre, avec les représentants de l’Association syndicale autorisée (ASA) afin d’étudier la réalisation d’une retenue collinaire à Laure-Minervois (déjà dans les tuyaux).
Une intervention appuyée par celle d’Alain Giniès, conseiller départemental. « Nous avons la chance d’avoir une Agglo qui est engagée sur ce sujet et qui a des résultats. Et nous allons demander une réunion à BRL pour parler du futur maillage. »
Fin de tournée à Aigues-Vives au château l’Amiral, chez Bénédicte et Rodolphe Gobé. Un petit voyage dans le temps dans cette propriété transmise sur sept générations. Une cave particulière mais aussi un bâti atypique en fer à cheval qui ravit les nombreux touristes qui font un arrêt au château. Le château l’Amiral, et ses 25 hectos l’hectare, joue la carte de la qualité mise en avant dans de nombreux salons. Une activité complétée par l’œnotourisme (balades vigneronnes, ateliers dégustations, accord vins/chocolat, accueil de groupes…)
Et lors de cet ultime rendez-vous, là encore, la question de l’eau est revenue cette fois-ci dans la bouche de Rodolphe Gobé.
« Les vignerons qui vont survivre sont ceux qui auront accès à l’eau. Aujourd’hui, nous n’avons pas cet accès. Nous recherchons la qualité pour nos vins. Nous n’avons pas besoin de grande quantité. Peut-être que la solution passe par une petite retenue collinaire pour deux ou trois viticulteurs. Ici, nous avons la double peine des inondations et de la sécheresse. »
Les propriétaires dont la fille, elle-même œnologue, souhaiterait venir s’installer à Aigues-Vives, ne la confortent pas dans ce choix. Une situation que Régis Banquet président de l’Agglo a bien entendu en évoquant la prochaine réunion avec BRL.
« Je souhaite qu’un maximum de viticulteurs du Minervois bénéficient d’un accès à l’eau. Il faut réfléchir et voir si c’est possible pour vous. La solution peut aussi passer par de petites retenues collinaires. »
L’Agglo est déjà aux côtés de ces acteurs du territoire en soutien financier de leur projet de création d’un gîte grande capacité dans la maison familiale d’ici 2028.