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La musique éclectique et sans frontières de la radio La Belle aventure diffuse une douceur apaisante et colorée dans l’appartement-atelier de Zarno tandis que Bouly, l’un des deux chats de la maison, s’étire sur la terrasse au milieu de plantes généreuses et d’objets de récup. Les affiches multicolores d’expos ou de concerts tapissent les murs et les écrans garnis des personnages de cinéma, de groupes de rock ou de scènes de vie complètent le décor. Bienvenue chez Zarno, « patamodeleur rékupécréateur ». C’est ici que naissent, de cet esprit libre et décalé, ses « volumes » comme il les nomme. Une aventure qui a débuté il y a déjà plus de 25 ans.
Le jeune homme, élevé au grand air des Vosges et aux sonorités punk-rock de groupes alternatifs, pétrissait déjà la pâte mais pour le bonheur des papilles des clients. 16 ans de pâtisserie avant d’être contraint de tourner la page à cause d’une allergie à la farine et d’envie de nouveaux horizons. La pâte polymère remplace la pâte feuilletée ou brisée. Le déclic a lieu lors d’un festival rock quand il tombe sur un pendentif en pâte à modeler. Il décide de s’y tester et n’a plus arrêter depuis.
De 1989 à 2003, le fan de groupes comme Bérurier Noir ou les Garçons bouchés va exprimer son besoin de créer au travers d’un Fanzine, « Pavillon 36 » qu’il fabrique de A à Z de sa machine à écrire en passant par le découpage et le collage.
Aujourd’hui, Zarno partage sa passion lors de ses « zateliers » qu’il a lancés en 2004 d’abord dans une MJC. Référencé Pass Culture, Zarno intervient dans les collèges et lycées, les écoles mais aussi à la Maison d’arrêt de Carcassonne ainsi que des maisons de retraite. Zarno a aussi réalisé un court-métrage avec des personnes en situation de handicap de l’APF France Handicap, une rencontre rendue possible grâce au CGEAC porté par la Drac et Carcassonne Agglo. « Ce ne sont pas des cours mais plutôt des performances que l’on réalise ensemble. J’adore rencontrer des gens que je ne connais pas et les découvrir. Cela permet de faire du lien. »
Zarno, c’est aussi et surtout plus de 25 ans d’expos dans des lieux insolites en marge de lieux plus institutionnels pour aller à la rencontre du plus grand nombre : des premières MJC à des douches municipales ou simplement dans des vitrines de magasins pour offrir son art à la rue.
A sa table de travail, Zarno se pose pour façonner à la main les détails de chacun de ses personnages. Ses deux mains roulent la pâte dans un va-et-vient pour créer la bouche d’un personnage auquel il ajoute un bout de peluche pour dessiner une moustache. L’homme est concentré toujours une musique en fond.
« J’aime me plonger dans l’univers des personnages que je crée. J’écoute un podcast sur Toulouse-Lautrec pour ma proposition du Paris de l’artiste ou la musique de Kiss pour créer les musiciens du groupe de hard rock américain. »
Son inspiration est multiple. La BD, le ciné et la musique pour une expo ou un festival. Le quotidien illustré par les métiers et commerces ; du boucher au coiffeur en passant par le tatoueur. Mais toujours avec une bonne dose d’humour et un esprit frondeur.
La vie de Zarno, ce sont aussi des heures et des nuits de chine à trouver les écrans, théâtres de ses rêves et autres objets détournés comme cet épis de maïs égrainé qui devient un kébab ou ce réveil transformé en gazinière d’un de ses décors.
Cette imagination, Zarno l’a aussi mis en scène lors de court-métrage et clip comme celui réalisé pour les Tambours du Bronx. Le stop-motion n’a plus de secret et Zarno explore les possibilités de l’IA sans sacrifier la création manuelle qui reste sa marque de fabrique. Si Zarno a bien dépassé le demi-siècle, il n’a jamais autant eu de projets. D’un tome 2 de son livre sur ses créations à, pourquoi pas, un film d’animation.
Au rez-de-chaussée de sa maison, Zarno ouvre, sur demande, la porte sur une salle d’expo aux mille univers. Voyage garanti ! Et poursuit sa route d’homme libre. « Je recherche à prendre du plaisir à faire ce que je fais et à créer l’émotion pour celui qui va regarder. La joie et l’humour me permettent aussi de dénoncer des choses qui me touchent. Je continue à faire les choses le plus sérieusement mas sans me prendre au sérieux. »